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Nouvelle création  au répertoire de la Cie des Passeurs !

Mangeront-ils ? 

de Victor HUGO 

Création 2021 

 

Calendrier de Création :


Mai 2020 : Résidence de 10 jours – La Granges des Dîmes – Fondettes (37) avec sortie de résidence
Novembre 2020 : Résidence de 3 semaines – en recherche de lieu - Janvier 2021 : Résidence de 3 semaines – Le Champ de Foire – Plabennec (29) avec sortie de résidence 

 

Création collective - Spectacle tout public 

 

 

Contact : Odile JUILLAC /Chargée de diffusion /06 77 19 17 66 diffusion.passeurs@gmail.com 

La pièce 

Sur l’île de Man, au large de l’Angleterre, règne Le Roi, être féroce et tyrannique. Il veut épouser sa cousine, la belle Lady Janet, qui elle, n’a d’yeux que pour l’aimable Lord Slada. Pour fuir l’autorité du roi et vivre pleinement leur amour, les deux amants se réfugient dans un cloître au fond d’une forêt. Mais depuis trois jours, ils ne mangent et ne boivent rien car dans cet asile pernicieux, la végétation est empoisonnée et l’eau n’est pas potable... 

Cernés par la mort, de part et d’autre de cette enceinte, c’est avec l’aide de Zineb, sage sorcière centenaire, et Aïrolo, voleur épris de liberté, tous deux proscrits, connaisseurs de cette nature mystérieuse et puissante, que les deux amou- reux viendront à bout de la coercition du Roi. 

 

Equipe artistique 

Luca Bozzi, Laure Caillet, Renaud Gillier, Etienne Guérin, Marine Jardin, Charly Labourier, Maud Landau, Pierre Serra, Elise Touchon-Ferreira 

 

Notes de mise en scène 

Après dix ans de compagnonnage, c’est tout d’abord dans le désir de réunir la totalité de l’équipe sur scène que Les Passeurs font le choix de cette nouvelle création. Traversés par la volonté de s’interroger ensemble et travailler sur certains sujets de société, c’est très rapidement que nous nous sommes tournés vers Victor Hugo. La pièce Mangeront-ils ? réunit tous les thèmes que nous souhaitons défendre en lien avec notre époque. Une époque en pleine mutation, ébranlée, nous rappelant qu’il faut agir, se mobiliser, et surtout transmettre... Nous avons envie et besoin d’aborder des thématiques actuelles tout en restant fidèles à cette littérature classique qui nous stimule tant. 

Avec Mangeront-ils ?, Victor Hugo nous «sert sur un plateau» tous les ingrédients : la politique, la philosophie, la poésie, la nature, l’amour ; et même la féerie et la magie qui rappellent les pièces de Shakespeare auxquelles nous sommes très attachés. 

C’est lors de son exil à Guernesey de 1855 à 1870, que Victor Hugo écrit Mangeront-ils ?, en 1867 . Cette période de création littéraire est considérée comme la plus riche, la plus originale et la plus puissante de son œuvre. La pièce fait partie du recueil « Théâtre en Liberté » qui regroupe tous les grands thèmes qui lui sont chers : la liberté à tout prix, la bêtise du pouvoir politique ou encore la grandeur d’âme des faibles et des miséreux capables de faire face aux puissants. On y trouve en filigrane, une attaque cinglante de l’empereur Napoléon III, qui, ayant pris le pouvoir suite à un coup d’État, use de tous les ressorts de la répression envers les plus faibles amenant faim, violence et retrait des libertés. 

Mangeront-ils ? dépeint une société autoritaire où la violence sociale grandissante prend des airs de famine, où l’on parle de justice et de vérité, où l’on traite de la puissance des faibles et de la grandeur des petits, où l’on pointe du doigt la bêtise humaine face à la puissance de la nature. 

C’est avec adresse que Victor Hugo s’amuse à inverser les archétypes et tend un miroir à la société. Par cette spécularité s’opère une inversion des valeurs. La sorcière, que l’obscurantisme considère comme un être diabolique que l’on chasse et brûle sur les bûchers, reprend ici son visage ancestral de sagesse, gardienne des savoirs, femme révoltée, détentrice d’une compréhension du monde et d’une connaissance de la nature et de la subtilité de ses équilibres. C’est une femme indépendante et libre, une figure de protection qui va à l’encontre de l’attitude tyrannique et conquérante des hommes. 

Puis, il y a Aïrolo, le bandit, le vagabond, le hors la loi. Image inversée du Roi tyrannique, il est l’archétype du juste qui se tient à l’écart des lois iniques, et qui dans un esprit visionnaire sur l’humanité fait preuve de désobéissance civile... A la façon des clowns shakespeariens, de Feste et d’Autolycus, il est celui par qui le langage non perverti se fait subversion ; en levant le voile sur l’illégitimité de l’ordre préétabli, il se fait défenseur du droit humain et représente le peuple qui refuse la servitude volontaire. 

Quant aux amoureux, ils sont les âmes pures, ils s’aiment d’un amour nécessaire. Cette pureté rendue impossible au sein d’une société fondée sur la force, les place hors du monde, dans l’utopie à proprement parler. Fuyant l’oppression, ils trouvent refuge en un lieu où rien n’est comestible, image inversée du lieu idyllique, ils ne trouvent pas leur place, ils sont exilés, réfugiés là où ils ne peuvent survivre. Et s’il convient pour Zineb et Aïrolo de les aider, c’est qu’il faut combattre l’idée que l’utopie est impossible, et se créer les conditions de sa propre existence. 

Hugo, tisse une image de la misère qui fait écho à notre société contemporaine et entre en résonance avec notre époque. 

 

« Il est terrible
le petit bruit de l’oeuf dur cassé sur un comptoir d’étain il est terrible ce bruit
quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim elle est terrible aussi la tête de l’homme
la tête de l’homme qui a faim
quand il se regarde à six heures du matin
dans la glace du grand magasin
une tête couleur de poussière » 

Extrait de « La grasse matinée », Jacques Prévert,1946. 

La misère, la famine et la condition du peuple, ces thèmes majeurs de l’écriture de Victor Hugo, nous prendrons parti de les étudier, les défendre et les dénoncer nous aussi. Nous vivons tous, quelle que soit l’époque, avec ces sujets sociétaux insondables qui durent et perdurent. 

A travers le temps, de nombreux artistes et penseurs comme Prévert, Léo Ferré, Coluche, en passant par Stéphane Hessel y ont voué une lutte. Nous voulons, par cette création y faire référence, tisser un lien entre les époques, faire ressortir les similitudes, jongler avec les réflexions et ainsi jouer avec l’intertextualité. Cet ensemble de textes, de chants, de poèmes, de discours politiques etc..., fera également parti de cette adaptation, et sera assemblé au texte de Victor Hugo. 

Appelons-nous toujours à « une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous ». A ceux et celles qui feront le XXIème siècle, nous disons avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ». 

Extrait de « Indignez-vous ! » Stéphane Hessel, 2010 

Si ces thématiques sociétales fortes et engagées laissent croire que nous avons affaire à une pièce dramatique, Mangeront-ils ? est pourtant bien une comédie. C’est avec une écriture subtile, un humour cinglant et habile, un traitement burlesque et grotesque que Victor Hugo nous offre un univers savoureux et truculent, que nous tenons à mettre en lumière. Il est important pour nous d’aborder avec humour un discours qui nous est cher, d’user de légèreté et de plaisir dans le jeu, de parler d’espoir et de liberté. C’est également dans cette optique que nous envisageons d’insérer de courts textes d’autres auteurs, et même de notre propre cru, tirés d’improvisations avec les comédiens et réécrits en vers pour se fondre dans le style. Nous affirmons notre envie d’engagement, d’amour du verbe et du mouvement et la défense d’un théâtre qui s’adresse à tous où tout est possible d’inventer et qui laisse libre court à l’imagination du public. 

« Une pièce de théâtre, c’est quelqu’un. C’est une voix qui parle, c’est un esprit qui éclaire, c’est une 

conscience qui avertit. Le théâtre doit faire de la pensée le pain de la foule. » 

Victor Hugo 

 

Les Passeurs 

La compagnie des passeurs est née de notre envie de transmettre notre amour du théâtre, des mots et du mouvement. 

Nous avons fait le choix de nous appuyer sur des œuvres du répertoire classique, qui font partie de notre culture commune, afin de s’adresser au plus grand nombre. 

Tout en restant fidèles aux textes et en proposant une esthétique qui s’inscrit dans la tradition du théâtre classique, nous conjuguons au présent les histoires du passé. 

Le travail sur les langages nous importe autant que le travail des corps. 

Nous marions les mots au mouvement, les masques aux émotions. Dans notre théâtre la poésie côtoie le ridicule au milieu des chants, des danses, des pantomimes et des combats et il nous tient à cœur de monter notre scène dans la plus belle salle du palais comme dans la plus basse cour. 

Passeurs nous le sommes, toujours sur la route, par tous les temps et laissant derrière nous, nous l’espérons quelques fragments de rêves. 

 

Contact  

Odile JUILLAC 

Chargée de diffusion
06 77 19 17 66 diffusion.passeurs@gmail.com 

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